samedi 20 septembre 2008

Des néons sous la mer de Frédéric Ciriez

J’étais en train de lire « La meilleure part des hommes » de Tristan Garcia, premier roman de la rentrée littéraire publié chez Gallimard et je m’emmerdais sec. Un roman certes intéressant sur la génération sida et l’avènement des mouvements gay. En revanche, un roman qui n’est absolument pas personnel, dont les personnages ne sont ni attachants, ni mystérieux, ni, ni, ni…

Après cela, une libraire m’a conseillé « Des néons sous la mer » de Frédéric Ciriez, autre premier roman français de la rentrée. Et là, un ovni ! J’ai trouvé ce livre surprenant à la fois par la forme et par l’histoire.

En 2012, le Fascinant, ancien sous marin militaire, a été transformé en bordel amarré dans la baie de Paimpol. Son nom : l’Olaimp, entre Paimpol et Olympe. Le sous marin est exploité par 12 prostituées réunies sous la forme d’un SARL. Le narrateur nous raconte la vie du sous-marin, de ses habitant(e)s, du bordel, dont il est « vestiaire ». Le récit, à l’atmosphère légèrement claustrophobique, est entrecoupé de « fugues », pendant lesquelles le narrateur prend l’air en moto dans les environs de Paimpol.

J’ai adoré que Frédéric Ciriez nous emmène dans un univers à la fois surréaliste et pas tant que ça. C’est très astucieux de situer l’action dans un futur proche. Toutes les références sont les mêmes. Néanmoins, en quelques années, des changements de taille ont eu lieu : la prostitution a été rétablie en 2011, les babyfoots clignotent dès qu’un joueur est touché ou qu’un but est marqué...

Il s’agit d’un roman poétique, imaginatif, construit de manière originale et ingénieuse sous forme d’une enquête sociologique. Un petit exemple de la poésie qui se dégage de l’écriture de Frédéric Ciriez : les titres de chapitres ; « Approche phénoménologique d’un bâtiment de la marine nationale », « Approche ethno-corporelle du personnel de bord »…

Jusqu’à la fin, le récit se tient et vous emporte, comme la mer, le sexe… Une vraie perle de la rentrée.

Des néons sous la mer de Frédéric Ciriez est publié aux éditions Verticales. ISBN: 9782070120758



Brève intervention d’actualité sur les e-readers



La sortie prochaine du reader Sony à la Fnac avec des contenus Hachette en exclusivité amène de nombreuses interrogations. Celles-ci sont liées au prix des livres numériques, à leur format et leur mode de protection, à la diffusion du livre en général (quelle place pour les librairies indépendantes dans ces nouveaux modèles ?), et à l’avenir de l’édition classique.

Avant de spéculer sur l’évolution du marché, la première étape pour moi a été de tester la bête ! J’ai eu l’occasion de tester un e-reader cet été pour lire des romans, le Cybook de Bookeen.

De prime abord, l’outil n’a aucune chance. Le format était plus petit qu’une page de livre poche ; il faut donc constamment « tourner la page ». De plus, au moment de changer de page, un écran noir s’affiche pendant un quart de seconde, ce qui est hautement désagréable.

Mais après 5 minutes d’utilisation, je me suis faite au format, à changer fréquemment de page. J’ai constaté que l’outil était extrêmement léger et maniable. On peut le porter à une main, et l’on peut changer de page avec la même main. On peut aussi lire en posant la tablette. L’écran en « encre électronique » n’est pas rétroéclairé et offre un grand confort de lecture.

Je suis partie quelques jours en vacances et n’avait pas envie de porter plusieurs livres. L’e-reader est alors une solution idéale : pour le poids d’une livre de poche, on transporte jusqu’à 600 romans. Dans les transports (train/ métro), la maniabilité du support est idéale. Seul bémol, je ne prendrais pas la tablette sur la plage… de peur de l’abimer avec le sable. Le livre a encore de beaux jours devant lui!!!